Parc d’activités Calmacé à Gignac

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Lieu
Gignac, France
Année
2007
Coût
1 million - 100 millions

“ Une invitation à la convivialité, un respect du patrimoine”.
Les caractéristiques paysagères liées au site d’implantation de ce nouvel équipement sont bien spécifiques. « Le causse » par sa forte présence qualifie et caractérise le site. Il offre une inscription locale du paysage. La notion de « local » n’est pas néfaste où avilissante pour les éléments auxquels elle s’applique. Bien au contraire cela si-gnifie identifier les qualités d’un lieu et respecter son rythme propre. Ce sont ses identités qui offrent une diversité aux paysages et une qualité de vie spécifique. Alors cultivons ces différences et cherchons ce qui rend un lieu aussi exceptionnel. Faisons le redécouvrir même à ceux qui le pratiquent au quotidien.

La problématique posée ici est d’ériger un nouveau bâtiment sur un site fortement marqué par un paysage de cul-tures agricoles. Nous sommes à l’entrée de la ville de Gignac, et l’enjeu consiste à positionner sur cette parcelle plus qu’un simple bâtiment, un ensemble urbain. Il doit être porteur de lieux de travail mais également proposer un espace à vivre pour les personnes qui sont emmenées à le pratiquer. De par son échelle (terrain de 10 638 m2) et sa localisation, une attention particulière a été apportée à son insertion dans le site. Ce nouvel ensemble ne vient pas perturber visuellement l’environnement, mais marquer son territoire.

En ce sens, il nous semble fondamental que l’architecture, réceptacle des activités et l’aménagement urbain, soient issus du lieu, du site, du territoire et non d’un acte conquérant. En ce lieu le propos n’est pas là, il n’y a pas besoin de grande gesticulation formelle lorsque le paysage environnant offre tant de possibilités, et lorsque la culture, l’histoire de ces terres sont si sublimement ancrées dans le sol.
Notre rôle est de faire émerger, de révéler et non d’imposer quelques formes flatteuses sur une quelconque pers-pective aux vues restrictives. Faire en sorte que cet ensemble donne le sentiment d’avoir toujours existé, comme s’il suffisait de lever un voile pour le révéler. Mais ne nous y trompons pas, cette attitude n’est nullement une volonté de non architecture. Car nous sommes bien conscients de l’enjeu et l’investissement que représente un tel projet pour la Communauté de Communes de la Vallée de l’Hérault et la ville de Gignac. Nous ne cherchons pas à construire du ‘’pseudo-local’’ car la modernité est quotidienne. C’est avec une observation humble de ce territoire associé à une perspective ambitieuse d’avenir, tel que l’affiche la Communauté de Communes, que nous avons travaillé. Inscrire cet équipement dans le site en respectant son environnement et lui offrir une échelle urbaine permettant une convivialité au lieu, tels sont nos objectifs.

Un village autour d’une place.
Notre projet se fonde dans le profond respect du patrimoine local, tant architectural que paysager. Nous souhai-tons magnifier, mettre en valeur et l’inscrire dans une perspective d’avenir. Etre respectueux du patrimoine cela ne signifie pas construire à l’identique car ce serait le trahir, et produire que des pastiches. Nous souhaitons au contraire utiliser l’essence de ce qui fait la grandeur de ce patrimoine pour construire ce nouvel espace bâti dans une écriture résolument contemporaine.
Ainsi seront privilégiés : l’implantation, l’orientation, l’organisation générale de cet espace, les matériaux utilisés, et enfin la structure paysagère mise en place.
Un village autour d’une place. C’est là le principe fondateur du projet. Il est conçut comme un ensemble de mai-sons ordonnées autour d’un jardin central, tel un village autour d’une place. Les bâtiments neufs ne reproduisent pas cependant le pittoresque des maisons environnantes, par contre, ils se calent selon une même volumétrie qui en permet l’insertion. La découpe des différentes entités programmatiques est simple et de dimension mo-deste répondant à l’homogénéité du paysage environnant. Chaque lot dispose ainsi d’un accès indépendant sur le jardin. Cette distribution confère à chacun autonomie et identité. Par ailleurs, ils sont desservis à l’arrière par une voirie à sens unique présentant 2 entrées. La principale depuis la DR 32 et par la draille rue du château de la Camalce.

Les circulations de véhicules sont canalisées et rejetées sur la périphérie du site libérant ainsi le cœur qui devient dédié au piéton. Ce choix de circulation permet également une sécurisation des accès et minimise les voiries.

Un soin particulier est apporté à l’implantation des entités bâties. Le principe en est simple et respecte les règles fondamentales de mise en adéquation avec son environnement. Les bâtiments principaux sont orientés Nord / Sud afin de proposer la possibilité d’une ventilation naturelle, apportant en été un réel confort. Par ailleurs l’implantation à deux objectifs. Etablir une protection contre le vent du Nord et de ce fait abriter le jardin central, devenant un véritable lieu d’appropriation et de convivialité. En second lieu, dégager et maintenir des vues sur la tour de Gignac, le Pic Saint Baudille et la basse vallée de l’Hérault. De cette manière dans l’axe du jardin central vient se positionner le couvent de l’église Nôtre Dame de Grâce.
Seul le bâtiment propre à la communauté des communes se positionne perpendiculairement au reste des masses bâties. Grâce à cette implantation, il marque une façade d’entrée de ville et l’accès au site refermant et protégeant le jardin intérieur. Il confère à la foi le caractère intime et urbain de la structure tout en signifiant son positionne-ment en tant qu’institution. En rez-de-chaussée il est largement ouvert et met en scène l’office du tourisme et le point d’accueil. Cette trame d’implantation permet de répondre tant à un confort climatique qu’à un respect du patrimoine bâti environnant.

Ainsi nous avons basé notre intervention sur la volonté de croire et d’éprouver des sensations, des émotions, à travers des moyens simples, non sensationnels, de pénétrer le réel, de redécouvrir la petite échelle : c’est croire au potentiel humain, commencer à rêver, à partir de presque rien. Notre proposition refuse toute gesticulation architecturale qui serait inscrite dans une simple volonté esthétique.
Les entités structurants le site. Offrir une matière au lieu.
Le bâtiment se décline en trois entités : Communauté de commune / Pôle médical / Pôle de services. Cette répar-tition en espace programmatique nous permet de composer le site.

Tel que cela a été stipulé dans l’implantation, le premier corps de bâtiment qui accueille la Communauté des Communes est pensé et positionné tel un bâtiment d’accueil signifiant de par son volume et sa position l’entrée au site. Il dégage un large parvis en rez de chaussée destiné à l’accueil des piétons. De part et d’autre prennent place des volumes construits en pierre de pays. Le choix de ce matériau permet de marquer l’entrée, d’asseoir le bâtiment en reprenant ainsi le dessin des murs du Castellas et des soutènements du Causse. Ces deux activités au fonctionnement dissociées, le seront donc également dans leur spatialité. Au centre du parvis, l’accueil et le bâtiment de l’office du tourisme, celui ci déborde légèrement dans le jardin central. Se positionnant ainsi comme un bâtiment d’accueil, mais également de découverte du lieu, entièrement vitré, il est perceptible depuis l’accès au site, et dégage des vues sur celui ci.

Cet ensemble surmonté de la structure accueillant la Communauté de Commune, permet une modularité des lieux et une évolution aisée des espaces. Ce volume en décroché de la façade aura une peau extérieure travaillée de manière plus singulière.
Quant au Pôle médical et au pôle de service, ils se font face autour du jardin central. Leur composition est relative-ment symétrique, unitaire, modulaire et évolutive, offrant une image claire du lieu. Afin d’apporter une dynamique aux espaces les bâtiments répondent en volume directement au programme, jouant de ce fait sur des décrochés de façades. Les espaces les plus volumineux sont enveloppés d’une peau en zinc offrant une unité sur les parties latérales. Leurs façades sont traitées en matériaux légers, ouverts tant sur le jardin que sur les plantations à l’ar-rière (et les parkings). Leur protection solaire est assurée par des débords de toiture se transformant en persienne pour laisser pénétrer la lumière du jour. Les entités programmatiques de plus petite taille viennent s’intercaler et créent les retraits dans la dynamique de la façade. Afin de marquer la différence de leur affectation, elles seront re-couvertes de pierre de pays. Zinc, pierre et béton du site seront les matériaux essentiels de cette construction. Ils répondent aux matériaux traditionnels du lieu tant pour les habitations que les structure agricoles. Les matériaux de construction employés durables et renouvelables. Ce dispositif offre l’avantage de ne jamais avoir « d’arrière » de bâtiment, les deux faces sont agréables et attrayantes.
Ce projet doit-être pris dans sa globalité et en tant qu’un élément appartenant au paysage. Il est communément établi qu’un bâtiment implanté à l’entrée d’une ville et qui plus est un équipement public se doit d’être un signal pour celle ci. La subtilité à notre sens réside dans la notion de « signal » qui ne s’identifie par forcément comme un élément en rupture avec son environnement. Il doit certes, représenter un territoire, être en l’occurrence la vitrine d’un paysage et d’une culture, mais sans pour autant mettre sous verre et figer un état afin que sa représentation en soit unique. C’est d’une culture vivante dont il est question et non d’un « rituel éteint ». Ce lieu à une double vocation qu’il faut exploiter. Il doit répondre aux attentes des personnes de passages qui souhaitent s’informer et mieux connaître la région. Mais il doit également répondre aux attentes des personnes qui le pratiquent en tant qu’outil de travail. Ce lieu ne doit pas être simplement la croisé géographique et économique des communes qui compose cette communauté, ni le simple point de convergence, mais l’élément rayonnant.

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